Les sachets de nicotine, aussi appelés “pouches”, et leur dérivés seront interdits en France en 2026, selon un décret publié samedi au “Journal officiel”. La mesure avait été appuyée par le ministère de la Santé il y a quelques mois. Ces produits sont pointés pour leur dangerosité auprès des jeunes.

C’est une mesure qui vise indirectement à faire fléchir la consommation de tabac chez les jeunes, du moins à la ralentir. Les sachets, billes et gommes de nicotine, produits qui ciblent particulièrement les jeunes, seront interdits en France à partir de mars 2026 selon un décret paru samedi au Journal officiel.

Le gouvernement avait annoncé à l’automne 2024 son intention de bannir ces sachets de nicotine, également appelés “pouches”, en raison notamment d’un accroissement des intoxications chez les adolescents. Apparus récemment, les sachets de nicotine sans tabac renferment, dans un tissu perméable, des fibres de polymères imprégnées de nicotine et d’arômes et se glissent entre la lèvre et la gencive.

Une “victoire”

L’interdiction, prévue pour entrer en vigueur dans six mois selon le décret, vise l’ensemble des “produits à usage oral contenant de la nicotine, à l’exception des médicaments et dispositif médicaux”. Il s’agit notamment des “sachets portions” ou “sachets poreux”, “pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes”, énumère le texte.

L’Alliance contre le tabac, une fédération d’associations anti-tabac, a salué une “victoire”. “Il s’agit d’une mesure cruciale pour protéger les jeunes et contrer les stratégies pernicieuses d’une industrie qui prospère sur le marché de l’addiction, au détriment de la santé publique”, a-t-elle estimé dans un communiqué.

“Les sachets (…) n’ont pour objectif que d’étendre le marché de l’addiction à la nicotine”

“Face à la baisse de la consommation de cigarettes dans les pays développés, les sachets de nicotine et les nouveaux produits nicotiniques (tabac chauffé et cigarettes électroniques) constituent le nouvel eldorado financier des cigarettiers”, souligne l’organisation pour qui, “loin d’être des outils de sevrage, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) n’ont pour objectif que d’étendre le marché de l’addiction à la nicotine”.

“Des syndromes nicotiniques aigus parfois sévères”

En novembre 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait appelé à “une vigilance particulière” sur ces sachets en soulignant que ces produits, comme les billes aromatiques, entraînaient de plus en plus d’intoxications. “Les enfants et adolescents sont les principales victimes”, constatait l’agence sanitaire, notamment âgée “entre 12 et 17 ans”, évoquant “des syndromes nicotiniques aigus parfois sévères : vomissements prolongés avec risque de déshydratation, convulsions, troubles de la conscience, hypotension ayant nécessité un remplissage vasculaire”.

“L’approche prohibitionniste du gouvernement”

De leur côté, les cigarettiers ont réagit samedi. C’est le cas notamment du groupe Philip Morris qui dénonce dans un communiqué “l’approche prohibitionniste du gouvernement (qui) prive les fumeurs français d’alternatives moins nocives que la cigarette”. Il est donc reproché cette interdiction totale, le fait de ne pas imposer des prix dissuasifs, alors que les cigarettiers évoquent des études scientifiques qui réfutent la dangerosité des sachets de nicotine. “Le gouvernement choisit de court-circuiter le débat national en passant en force sur un sujet majeur de santé public. Il ignore les propositions parlementaires venant d’une majorité de groupes politiques, propositions qui visent à encadrer strictement et à fiscaliser ces produits, permettant de ne pas priver les fumeurs adultes d’une alternative moins nocive que la cigarette tout en protégeant les mineurs.”

Des sachets de nicotine conditionnés dans des boîtes en métal. (Illustration) © Maxppp – JAMES ARTHUR GEKIERE